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15.09.2021

Castration porcine : la lutte contre la douleur ne doit pas favoriser l'industrialisation de la production

En 2022, la castration des porcelets sera interdite, sauf dérogations avec obligation de prendre en charge la douleur. Le texte réglementaire en cours de finalisation divise la profession, et pas seulement sur le principe de la prise en charge de la douleur. Ce mardi, le Ministre de l'agriculture qui devait annoncer ses arbitrages, s'est contenté d'indiquer, devant un parterre d'officiels du SPACE, le Salon de l'élevage à Rennes, que « les coûts ne reposeraient pas sur les éleveurs » !

 La castration des porcelets mâles est actuellement utilisée dans plus de 90% des élevages pour empêcher l'apparition de molécules odorantes au cours de la vie de l'animal qui rendent la viande totalement immangeable. Les éleveurs de porc plein air rencontrent de multiples difficultés pour s'en passer: durées d'élevage longues, races locales où les risques d'apparition de molécules odorantes sont plus élevés, investissements récents en biosécurité qui ne permettent pas de séparer mâles et femelles. Pour les circuits en vente directe, des difficultés supplémentaires se posent.

Le projet d'arrêté du Ministère garde la possibilité de castrer, avec prise en charge de la douleur obligatoire, uniquement quand un contrat avec un industriel ou quand un cahier des charges officiel l'imposent. Ce que ne prévoit pas l'immense majorité des cahiers des charges officiels et notamment de l'AB. C'est donc du sur-mesure pour les industriels de la production qui abattent souvent avant la maturité sexuelle, au détriment d'un élevage paysan respectueux des animaux et des territoires et des élevages qui pratiqueraient la vente directe qui, par définition, n'ont pas de contrat avec des industriels.

Les paysannes et les paysans constatent tous les jours que la castration est une condition pour le maintien d'élevages qui assurent :

- des conditions de vie favorables à l'expression des comportements et à une prise en compte globale du bien-être animal,

- le respect de tout cahier des charges officiel imposant le plein air,

- la possibilité de durées d'élevage souvent plus longues en circuits courts et pour l'élevage de races locales.

Pour préserver l'avenir des circuits courts et de l'élevage plein air, Nicolas Girod, le porte-parole national de la Confédération paysanne, a redemandé au Ministre, lors d'un échange au SPACE ce mardi, que les critères de dérogations soit élargies et prennent en compte : le respect de tout cahier des charges officiel imposant le plein air, la vente directe, la vente en petites quantités et l'élevage de races locales. Le Ministre n'a pas fermé la porte.

Nous demandons aussi un délai pour mettre en œuvre la prise en charge de la douleur dans de bonnes conditions. Les protocoles ne sont même pas encore validés, encore moins connus… Comment imaginer une amélioration de la bientraitance animale si ces protocoles sont mis en place dans la précipitation, sans même avoir le temps de s'y former ? La réponse légitime aux attentes sociétales en matière de bien-être animal ne doit pas être instrumentalisée sur le dos d'un élevage paysan respectueux des animaux et des territoires. Elle doit au contraire passer par la généralisation de l'élevage paysan !

NOUS CONTACTER Confédération paysanne de Savoie
40 rue du Terraillet 73190 St Baldoph
Tel : 04 79 60 49 14 OU savoie@confederationpaysanne.fr