de Savoie

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’opposition au projet de ferme usine des 1000 vaches s’accentue

01.07.2014

En soutien des neuf militants de la Confédération Paysanne cités à comparaître devant le tribunal d'Amiens ce 1er juillet 2014 pour refus de prélèvement ADN, dégradation en réunion et incitation à la dégradation en réunion, des rassemblements auxquels étaient appelées toutes les forces politiques, syndicales et associatives défendant « d'autres mondes possibles » se sont tenus dans de nombreux départements français. Ils étaient plus de 150 personnes, ce midi, devant la préfecture de Savoie, à Chambéry, à l'initiative de la Confédération paysanne de Savoie, soutenue par une vingtaine d'organisations savoyardes et partis politiques.

A cette occasion une délégation de la Confédération Paysanne de Savoie a rencontré Mme Perrine SERRE, sous-préfète et directrice de cabinet, pour lui remettre symboliquement quelques pièces de machine à traire comme celles démontées le 28 mai dernier sur la ferme-usine,  et surtout lui rappeler nos revendications :

·                Nous demandons l'arrêt immédiat et définitif du projet de ferme-usine des 1000 vaches.

Le projet de ferme-usine que le groupe de BTP Ramery développe aujourd'hui dans la Somme, c'est l'arbre qui cache la forêt d'une industrialisation de plus en plus dévastatrice de l'agriculture. Le projet en question ? Concentrer sur un même site (communes de Drucat-Le Plessiel et de Buigny-St-Maclou) 1000 vaches laitières et 750 génisses pour produire 8 millions de litres par an et récupérer le lisier pour alimenter un méthaniseur industriel d'une puissance de 1,5 MW, et pour des impacts sociaux, économiques, environnementaux désastreux.

La ferme-usine des 1000 vaches est donc bien loin de la ferme qui produit du lait de qualité. Loin de la ferme partie prenante de son territoire. Loin de la ferme qui fait vivre des paysans. L'agriculture paysanne que nous défendons est synonyme de relocalisation, valeur ajoutée, qualité, vitalité, valorisation. Elle est la seule qui soit en cohérence avec les enjeux auxquels les responsables politiques ont la responsabilité de faire face. L'industrialisation ne peut se poursuivre que par l'élimination de l'agriculture à taille humaine, c'est-à-dire l'accaparement des terres agricoles, la dérégulation des marchés, la spécialisation, puis la disparition du savoir-faire paysan, l'élimination de la biodiversité dans la production comme dans l'environnement…

·                Nous réaffirmons que la répression anti-syndicale ne peut pas être une réponse au désarroi des paysans confrontés à la violence des projets agro-industriels.

Le 28 mai 2014, la Confédération paysanne a réalisé une action de démontage de la laiterie de la ferme-usine des 1000 vaches dans la Somme. Action sans violence ni destruction de biens. Suite à celle-ci, ils étaient neuf, dont Thierry Bonnamour, co-porte-parole de la Confédération paysanne de Savoie, le 1er juillet 2014, devant le tribunal d'Amiens. Ils risquent de la prison et jusqu'à 375 000 euros d'amende.

Les charges retenues contre les neuf militants de la Confédération paysanne nous semblent disproportionnées dans la mesure où les pièces de la machine à traite qui ont été démontées — sans dégradations et dans le calme — devaient être immédiatement amenées au Ministère de l'Agriculture.

Face au danger imminent que représente l'usine des 1000 vaches pour l'avenir des paysans, et face à la passivité des pouvoirs publics, la Confédération paysanne a pris ses responsabilités. Nos actions sont légitimes. Nous ne pouvons laisser Michel Ramery, entrepreneur du BTP, mener à bien son projet qui ouvrira la porte à une industrialisation débridée de l'agriculture. Nous assumons collectivement nos actes. Nous assumerons collectivement ce procès.

Etant donné le report du procès des 9 militants de la Confédération Paysanne au 28 octobre 2014, la Confédération paysanne de Savoie n'exclut pas d'autres actions tant que nos revendications ne seront pas prises en considération.

Denis NOVEL, Co porte-parole de la Confédération paysanne de Savoie : 06 30 40 48 41 / Philippe CALLOUD, secrétaire de la Confédération paysanne de Savoie : 04 79 54 77 18.


Contacts :
40 rue du Terraillet 73190 St Baldoph